Les conjoncturistes, ainsi que les organisations
professionnelles, évoquent périodiquement le
poids des transports dans l’économie, en termes
de production, d’emploi, d’investissement, etc.
Pour ce faire, ils font référence à la
branche des transports, c’est-à-dire à
l’ensemble de la production marchande de transport,
du fait d’entreprises dont c’est l’activité
principale (c’est le secteur des transports) ou secondaire.
Pour ce qui concerne le fret, cette approche est à
la fois trop étroite et trop large, du fait de l’insertion
d’une part importante de l’activité du
transport de marchandises dans les branches utilisatrices
d’une part, du mélange des activités liées
aux marchandises et aux voyageurs dans certaines entreprises
de transport d’autre part
Une évaluation menée à partir des données
du Recensement général de la population (RGP)
en France a pu montrer que l’activité de transport
de fret mobilise environ 800 000 emplois. Cette évaluation
ne compte pas les emplois de type logistique touchant la manutention
et l’entreposage, qui porteraient le total aux environs
de 1750000 emplois. La prise en compte des consommations intermédiaires
(construction et entretien des véhicules, des infrastructures,
fourniture d’énergie, assurances, police, etc.)
poserait des problèmes méthodologiques plus
difficiles encore, pour des résultats plus imprécis.
Un ordre de grandeur compris entre 2 et 3 millions d’emplois
n’est pas déraisonnable.
Du reste, en élargissant le champ à tout un
ensemble d’activités où la circulation
et la distribution sont intimement liées à la
production et à la fourniture du service ou du bien
marchand considéré, on note le poids économique
considérable des branches économiques réticulaires,
organisées en réseau. Les branches du commerce
de détail, du commerce de gros, du transport, de l’eau,
gaz, électricité et des postes et télécommunications
représentent à elles seules quelque 3 633 000
emplois, soit près de 20 % du total des effectifs salariés
en France ! Encore cette estimation ne compte-t-elle ni les
activités analogues exercées, à titre
interne, au sein des autres branches d’activité,
ni les emplois liés aux consommations intermédiaires.
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