Après moult débats, la Commission a finalement adopté sa stratégie. Les voitures neuves vendues en Europe devront s'en tenir à un plafond de 120 grammes de CO2 par kilomètre. Un objectif pour lequel le commissaire à l'Environnement aura bataillé ferme. Petite concession arrachée par son collègue en charge de l'Industrie : une marge de 10 grammes. Si l'objectif général est de descendre à 120 grammes à l'horizon 2012, 130 seront tolérés pour les émissions directement liées au moteur, les 10 grammes manquants étant compensés par le recours aux biocarburants et des améliorations sur les pneus ou la climatisation.
Préserver la compétitivité des constructeurs automobiles européens, c'était la grande préoccupation du commissaire à l'Industrie Günter Verheugen, qui se défend d'avoir cédé au lobbying des industriels allemands : "C'est une allégation que nous rejetons avec force. Au contraire, nous allons atteindre pleinement l'objectif que nous nous sommes fixés en 1995. Nous atteindrons l'objectif d'une réduction des émissions de CO2 à 120 grammes. C'est le programme le plus ambitieux au monde et il restera le plus ambitieux pour une longue, très longue période."
La réaction de l'Association des constructeurs automobiles européens n'a pas tardé. Son secrétaire général Ivan Hodac : "C'est un chiffre arbitraire. Cet objectif n'est pas fondé sur une étude d'impact approfondie, et il est trop restrictif. Le coût d'un abaissement à 130 grammes va s'avérer, d'après l'estimation de la Commission elle-même, très élevé et presque prohibitif." Bruxelles n'exclut pas de diversifier les objectifs selon les classes de voitures. D'ici là, peut-être peut-on espérer voir plus de vélos garés devant la Commission.
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